{"id":5316,"date":"2024-09-02T00:00:54","date_gmt":"2024-09-02T00:00:54","guid":{"rendered":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/mar-avui-el-desballestament-de-vaixells\/"},"modified":"2026-02-20T00:31:56","modified_gmt":"2026-02-20T00:31:56","slug":"mar-avui-el-desballestament-de-vaixells","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/mar-avui-el-desballestament-de-vaixells\/","title":{"rendered":"Le d\u00e9mant\u00e8lement de navires"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400;\">Chaque ann\u00e9e, environ 500 grands navires, principalement des cargos mais aussi des paquebots de croisi\u00e8re, sont mis hors service. Jusqu&#8217;en 1970, ils \u00e9taient d\u00e9mantel\u00e9s dans leurs pays d&#8217;origine, majoritairement europ\u00e9ens, japonais ou am\u00e9ricains. Mais avec le durcissement des r\u00e9glementations du travail et environnementales, les chantiers navals se sont tourn\u00e9s vers des pays \u00e0 faible co\u00fbt de main-d&#8217;\u0153uvre et avec des cadres juridiques moins contraignants. Aujourd&#8217;hui, plus de 70 % de ces g\u00e9ants des mers finissent sur les plages d&#8217;Alang-Sosiya en Inde, de Chattogram au Bangladesh, de Gadani au Pakistan et, dans une moindre mesure, dans les chantiers navals d&#8217;Alia\u011fa en Turquie.   <\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Tapez simplement <em>\u00ab Sosiya, Inde \u00bb<\/em> dans Google Maps pour voir une image de 2025 o\u00f9, sur 10 kilom\u00e8tres de plage, on peut compter jusqu&#8217;\u00e0 35 bateaux \u00e0 diff\u00e9rents stades de d\u00e9mant\u00e8lement, ainsi que quelques plateformes p\u00e9troli\u00e8res. Cette pratique, appel\u00e9e <em>\u00ab&nbsp;\u00e9chouage&nbsp;\u00bb<\/em>, consiste \u00e0 \u00e9chouer le navire sur la plage pour le d\u00e9manteler et le mettre en pi\u00e8ces. <\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">M\u00eame avec une photo satellite, on devine que les conditions de travail sont rudimentaires et que le contr\u00f4le environnemental est insuffisant. Et c&#8217;est bien la r\u00e9alit\u00e9 : les cons\u00e9quences humaines et environnementales sont catastrophiques. Des travailleurs, souvent des migrants exploit\u00e9s, perdent la vie, et souffrent de blessures et de maladies li\u00e9es \u00e0 des conditions de travail dangereuses et \u00e0 l&#8217;exposition \u00e0 des substances toxiques. Les risques incluent les explosions, les incendies, l&#8217;effondrement de grandes structures m\u00e9talliques et la manipulation de mati\u00e8res toxiques sans \u00e9quipement de protection ad\u00e9quat ni protocoles de s\u00e9curit\u00e9. Selon une \u00e9tude de 2019 de l&#8217;Universit\u00e9 de Chittagong, au Bangladesh, 13 % des personnes travaillant dans ce secteur sont mineures et travaillent souvent de nuit pour \u00e9viter les inspections. Par ailleurs, selon l&#8217;ONG <a href=\"https:\/\/shipbreakingplatform.org\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Shipbreaking Platform<\/a>, entre 2009 et 2024 en Asie du Sud-Est, 8 221 navires ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9mantel\u00e9s et 470 d\u00e9c\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 recens\u00e9s.     <\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">D&#8217;autre part, les \u00e9cosyst\u00e8mes c\u00f4tiers sont d\u00e9vast\u00e9s par les d\u00e9versements toxiques et autres formes de pollution, faute d&#8217;infrastructures ad\u00e9quates pour la gestion des mati\u00e8res dangereuses. L&#8217;amiante, les m\u00e9taux lourds, les huiles min\u00e9rales, l&#8217;\u00e9tain, les peintures et les isolants \u00e9lectriques figurent parmi les mat\u00e9riaux couramment pr\u00e9sents sur les navires et qui repr\u00e9sentent un risque s\u00e9rieux pour la sant\u00e9 humaine et l&#8217;environnement. <\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Selon l&#8217;Organisation internationale du travail (OIT) : \u00ab Le d\u00e9mant\u00e8lement des navires est devenu un probl\u00e8me majeur pour la sant\u00e9 des travailleurs et l&#8217;environnement. C&#8217;est l&#8217;une des activit\u00e9s les plus dangereuses, avec un taux de d\u00e9c\u00e8s, de blessures et de maladies professionnelles inacceptables. \u00bb<\/p>\n<h4 style=\"font-weight: 400;\"><strong>Pavillon de complaisance<\/strong><\/h4>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Lorsqu&#8217;un navire arrive en fin de vie, la premi\u00e8re d\u00e9marche des compagnies maritimes consiste g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 changer son pavillon pour un pavillon de <em>complaisance<\/em>, pour des raisons strat\u00e9giques, juridiques, et surtout \u00e9conomiques. Les Comores, les Palaos, le Panama, le Togo et Saint-Kitts-et-Nevis figurent parmi les petits pays fr\u00e9quemment choisis. De cette mani\u00e8re, ils ne sont plus soumis aux r\u00e9glementations du travail et environnementales des pays d&#8217;origine, particuli\u00e8rement strictes en Europe, en Am\u00e9rique du Nord et au Japon. La r\u00e9glementation de l&#8217;Union europ\u00e9enne (R\u00e8glement relatif aux transferts de d\u00e9chets et R\u00e8glement relatif au recyclage des navires), par exemple, interdit l&#8217;exportation de d\u00e9chets toxiques vers des pays hors OCDE et la vente de navires europ\u00e9ens \u00e0 des chantiers navals aux conditions de travail dangereuses. Ces interdictions cessent de s&#8217;appliquer d\u00e8s lors que le navire change de pavillon.    <\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">L&#8217;\u00e9tape suivante consiste \u00e0 vendre le navire, d\u00e9sormais libre des obligations l\u00e9gales de son pays d&#8217;origine, \u00e0 des chantiers navals d&#8217;Asie du Sud, souvent par l&#8217;interm\u00e9diaire d&#8217;un tiers. Ces chantiers proposent un prix bien plus avantageux que les chantiers europ\u00e9ens, car ils peuvent le d\u00e9manteler \u00e0 moindre co\u00fbt et revendre ensuite l&#8217;acier et les autres mat\u00e9riaux r\u00e9cup\u00e9rables. <\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Dans de nombreux cas, parall\u00e8lement au changement de pavillon, la propri\u00e9t\u00e9 l\u00e9gale du navire est \u00e9galement transf\u00e9r\u00e9e \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 fictive situ\u00e9e dans un pays aux r\u00e9glementations laxistes (Duba\u00ef, Panama&#8230;), \u00e9vitant ainsi toute responsabilit\u00e9 en cas d&#8217;accident du travail ou de dommages environnementaux lors du d\u00e9mant\u00e8lement.<\/p>\n<h4 style=\"font-weight: 400;\"><strong>Comment \u00e9viter cela<\/strong><\/h4>\n<p style=\"font-weight: 400;\">La solution semble simple : il faut que les armateurs vendent leurs navires \u00e0 des chantiers navals agr\u00e9\u00e9s qui investissent dans la s\u00e9curit\u00e9 et le respect de l\u2019environnement. Rendre le d\u00e9mant\u00e8lement des navires s\u00fbr et durable commence par l\u2019abandon de <em>l\u2019\u00e9chouage<\/em> et son remplacement par des cales s\u00e8ches \u00e9quip\u00e9es de technologies permettant un d\u00e9mant\u00e8lement propre et s\u00fbr. C\u2019est \u00e0 la fois simple et complexe.  <\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Un premier pas dans la bonne direction consisterait \u00e0 limiter strictement le changement de pavillon des navires. La conception des nouveaux navires, minimisant l&#8217;utilisation de mat\u00e9riaux dangereux, est \u00e9galement importante. L&#8217;\u00e9v\u00e9nement Ship Recycling Lab, organis\u00e9 par l&#8217;ONG <a href=\"https:\/\/shipbreakingplatform.org\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Shipbreaking Platform<\/a>, favorise l&#8217;\u00e9change de connaissances et de technologies pour un d\u00e9mant\u00e8lement appropri\u00e9.  <\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">La bonne nouvelle est que la <a href=\"https:\/\/www.naucher.com\/entra-en-vigor-el-nuevo-convenio-internacional-de-hong-kong-para-el-reciclaje-de-buques\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Convention de Hong Kong<\/a> visant \u00e0 assurer le recyclage s\u00fbr et \u00e9cologiquement rationnel des navires est entr\u00e9e en vigueur le 26 juin 2025, dans le but de r\u00e9glementer le d\u00e9mant\u00e8lement afin de prot\u00e9ger la sant\u00e9 des travailleurs et l&#8217;environnement.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Quoi qu\u2019il en soit, la Convention est dans une phase de mise en \u0153uvre progressive et, \u00e0 court terme, elle n\u2019\u00e9liminera pas le recyclage des d\u00e9chets m\u00e9talliques en Asie du Sud-Est, m\u00eame si, en principe, il sera effectu\u00e9 sous des contr\u00f4les plus stricts.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3773\" aria-describedby=\"caption-attachment-3773\" style=\"width: 1190px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"size-large wp-image-3771\" src=\"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Bangladesh-2024-NGO-SBP-4-1-1440x1080.jpeg\" alt=\"Navires \u00e9chou\u00e9s sur les plages du Bangladesh. Photo : ONG Shipbreaking Platform. ARGO 15. Mus\u00e9e maritime de Barcelone.\" width=\"1200\" height=\"900\" srcset=\"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Bangladesh-2024-NGO-SBP-4-1-1440x1080.jpeg 1440w, https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Bangladesh-2024-NGO-SBP-4-1-300x225.jpeg 300w, https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Bangladesh-2024-NGO-SBP-4-1-768x576.jpeg 768w, https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Bangladesh-2024-NGO-SBP-4-1-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Bangladesh-2024-NGO-SBP-4-1.jpeg 1600w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3773\" class=\"wp-caption-text\">Navires \u00e9chou\u00e9s sur les plages du Bangladesh. Photo : ONG Shipbreaking Platform.<\/figcaption><\/figure>\nngg_shortcode_0_placeholder\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;un des m\u00e9tiers les plus dangereux au monde, un probl\u00e8me environnemental et humain<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3768,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[115],"tags":[157],"class_list":["post-5316","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-la-mer-aujourd-hui","tag-argo15-fr"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5316","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5316"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5316\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6915,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5316\/revisions\/6915"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3768"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5316"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5316"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5316"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}