{"id":5590,"date":"2025-09-02T00:00:52","date_gmt":"2025-09-02T00:00:52","guid":{"rendered":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/rumb-al-passat-desembarcament-alhucemas\/"},"modified":"2026-02-20T00:18:04","modified_gmt":"2026-02-20T00:18:04","slug":"rumb-al-passat-desembarcament-alhucemas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/rumb-al-passat-desembarcament-alhucemas\/","title":{"rendered":"Le d\u00e9barquement d&#8217;Al-Hoce\u00efma"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400;\">Les guerres coloniales espagnoles font partie de notre histoire, m\u00eame si nous les connaissons mal. De toutes les guerres africaines, ce sont les plus r\u00e9centes dans le temps. La guerre du Rif (1920-1926) est ancr\u00e9e dans notre imaginaire, notamment en raison d&#8217;\u00e9v\u00e9nements tels que le d\u00e9sastre d&#8217;Anoual, la cr\u00e9ation de la L\u00e9gion \u00e9trang\u00e8re, etc. Guerre primitive et aride, en terrain difficile, contre un ennemi cruel auquel la m\u00eame cruaut\u00e9 fut inflig\u00e9e, mais amplifi\u00e9e par la puissance de l&#8217;armement europ\u00e9en, l&#8217;aviation et les gaz toxiques. Guerre de montagne, mais avec \u00e9galement une importante composante navale. En effet, la fin tant d\u00e9sir\u00e9e de cette guerre fut obtenue par la mer, gr\u00e2ce \u00e0 une op\u00e9ration amphibie majeure : le d\u00e9barquement d&#8217;Al-Hoce\u00efma.     <\/p>\n<h4 style=\"font-weight: 400;\"><strong>Contexte<\/strong><\/h4>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Le protectorat espagnol au Maroc d\u00e9signe le statut juridique appliqu\u00e9 \u00e0 une s\u00e9rie de territoires marocains o\u00f9 l&#8217;Espagne exer\u00e7ait un r\u00e9gime de protectorat, conform\u00e9ment aux accords franco-espagnols sign\u00e9s le 27 novembre 1912. Huit mois auparavant, la France avait instaur\u00e9 un protectorat sur la majeure partie du Maroc actuel. Toutefois, la mise en place d&#8217;une administration coloniale sur les territoires du protectorat du Rif ne fut effective qu&#8217;en 1927, une fois la r\u00e9gion enti\u00e8rement pacifi\u00e9e. Le protectorat perdura jusqu&#8217;en 1956, date de l&#8217;ind\u00e9pendance du royaume.   <\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Au XIXe si\u00e8cle, la faiblesse du sultanat marocain entra\u00eena une intervention croissante des pays occidentaux dans ses affaires int\u00e9rieures, notamment la France, le Royaume-Uni et l&#8217;Espagne. Dans le cas espagnol, sous pr\u00e9texte de riposter \u00e0 une attaque men\u00e9e contre Ceuta par des tribus voisines, l&#8217;Espagne attaqua les rebelles, menant des op\u00e9rations militaires d&#8217;envergure qui aboutirent \u00e0 la bataille de Castillejos, \u00e0 la prise de T\u00e9touan et \u00e0 la signature du trait\u00e9 de Wad-Ras en 1860. Ces noms sont encore tr\u00e8s pr\u00e9sents dans la toponymie de Barcelone et d&#8217;autres villes de la Principaut\u00e9, car les soldats catalans jou\u00e8rent un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant dans cette aventure africaine, et le g\u00e9n\u00e9ral Joan Prim y fit carri\u00e8re.  <\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">\u00c0 la fin du XIXe si\u00e8cle, le Maroc \u00e9tait devenu un carrefour d&#8217;int\u00e9r\u00eats europ\u00e9ens, en pleine expansion coloniale, et la crainte de l&#8217;\u00e9mergence d&#8217;un nouvel acteur, l&#8217;Allemagne, pr\u00e9cipita la consolidation du statu quo dans ces territoires. En 1890, la France et la Grande-Bretagne conclurent un accord pour que le Maroc reste dans l&#8217;orbite de la France et l&#8217;\u00c9gypte, sous influence britannique. Et l&#8217;Espagne dans tout \u00e7a ?  <\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Lorsque l&#8217;Espagne perdit ses derni\u00e8res colonies \u00e0 Cuba, \u00e0 Porto Rico, aux Philippines et dans d&#8217;autres \u00eeles du Pacifique en 1898, les regards se tourn\u00e8rent vers l&#8217;Afrique, per\u00e7ue comme une terre de conqu\u00eate. Lors de la conf\u00e9rence d&#8217;Alg\u00e9siras en 1906, cette situation se consolida et un v\u00e9ritable cauchemar commen\u00e7a pour des milliers d&#8217;Espagnols, contraints de combattre et de mourir \u00e0 nouveau dans des guerres coloniales. En 1909 d\u00e9buta la <em>guerre de Melilla<\/em> , au cours de laquelle les troupes espagnoles subirent un s\u00e9rieux revers militaire sur le mont Gurug\u00fa et dans le ravin de Llop, avec de graves r\u00e9percussions sur la politique int\u00e9rieure espagnole. Il convient de rappeler que la \u00ab <em>Semaine tragique \u00bb<\/em> \u00e9clata suite aux \u00e9meutes provoqu\u00e9es par la mobilisation des r\u00e9servistes.   <\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Par le trait\u00e9 franco-espagnol sign\u00e9 le 27 novembre, la France reconnaissait l&#8217;Espagne comme propri\u00e9taire du nord du Maroc, o\u00f9 un protectorat espagnol fut \u00e9tabli, avec T\u00e9touan pour capitale, afin de normaliser la situation sur le plan formel. Le d\u00e9but de la Premi\u00e8re Guerre mondiale contraignit l&#8217;Espagne \u00e0 cesser d&#8217;occuper des territoires, afin d&#8217;\u00e9viter un conflit avec les autres puissances europ\u00e9ennes. Cependant, des r\u00e9cits troublants de trafic d&#8217;armes et d&#8217;agents allemands incitant les tribus maghr\u00e9bines \u00e0 se soulever contre la France subsistent. Apr\u00e8s la guerre, les op\u00e9rations militaires reprirent avec la guerre du Rif (1921-1927), qui d\u00e9buta par le d\u00e9sastre d&#8217;Annual en juillet 1921.   <\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Entre le 22 juillet et le 9 ao\u00fbt 1921, pr\u00e8s d&#8217;Anoual, au Maroc, l&#8217;arm\u00e9e espagnole, et par extension le pays tout entier, subirent l&#8217;une des pires d\u00e9faites militaires de leur histoire. Sidi Dris, Monte Arruit et Igueriben sont des noms qui, pendant des d\u00e9cennies, firent trembler de nombreuses familles. L&#8217;impact moral et militaire de cette catastrophe provoqua un bouleversement politique, d\u00fb aux erreurs strat\u00e9giques de la monarchie et \u00e0 son incapacit\u00e9 \u00e0 trouver une solution au conflit. Il suffit de rappeler que l&#8217;enqu\u00eate sur les faits, consign\u00e9e dans le fameux dossier Picasso (men\u00e9e par le g\u00e9n\u00e9ral Juan Picasso, charg\u00e9 de l&#8217;enqu\u00eate), aboutit \u00e0 la cr\u00e9ation d&#8217;une commission d&#8217;enqu\u00eate qui, ironie du sort, se retrouva dans une impasse avec le coup d&#8217;\u00c9tat de Primo de Rivera en septembre 1923.   <\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Apr\u00e8s le d\u00e9sastre d&#8217;Anoual, l&#8217;arm\u00e9e espagnole se trouva incapable de reconqu\u00e9rir le territoire perdu et de le pacifier. M\u00eame au sein des forces arm\u00e9es, aucun consensus ne se dessinait entre ceux qui pr\u00e9conisaient une offensive totale et ceux qui souhaitaient un abandon d\u00e9finitif de la colonie. Les discussions furent houleuses et des affrontements \u00e9clat\u00e8rent entre les militaires, chacun s&#8217;accusant de l\u00e2chet\u00e9, de trahison, etc. Le g\u00e9n\u00e9ral Primo de Rivera, figure autoritaire, \u00e9tait initialement favorable \u00e0 l&#8217;abandon du Maroc et fut accus\u00e9 de trahison par une partie de l&#8217;arm\u00e9e. Mais face aux pressions de toutes parts et aux attaques r\u00e9p\u00e9t\u00e9es des Kabyles men\u00e9s par Abdelkrim el-Khattabi, le gouvernement d\u00e9cida d&#8217;engager le combat sans rel\u00e2che. Cette fois, l&#8217;\u00c9tat s&#8217;allia \u00e0 la France, qui partageait le probl\u00e8me sur ses territoires marocains, et aborda la situation avec intelligence, organisation et une pr\u00e9paration rigoureuse.     <\/p>\n<figure id=\"attachment_4829\" aria-describedby=\"caption-attachment-4829\" style=\"width: 709px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-4827\" src=\"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Desembarco_de_Alhucemas_por_Jose_Moreno_Carbonero-1-1803x1080.jpg\" alt=\"Le d\u00e9barquement de la marine espagnole dans la baie d'Al-Hoce\u00efma eut lieu le 8 septembre 1925, sous le commandement du g\u00e9n\u00e9ral Miguel Primo de Rivera, et marqua la fin de la guerre hispano-marocaine. Sur le pont du torpilleur n\u00b0 22 ont peut voir les g\u00e9n\u00e9raux Miguel Primo de Rivera (1870-1930) et Jos\u00e9 Sanjurjo Sacanell (1872-1936), avec le Morne neuf en arri\u00e8re-plan. Peinture de Jos\u00e9 Moreno Carbonero. Wikimedia Commons \u2013 Mus\u00e9e du Prado.\" width=\"719\" height=\"431\" srcset=\"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Desembarco_de_Alhucemas_por_Jose_Moreno_Carbonero-1-1803x1080.jpg 1803w, https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Desembarco_de_Alhucemas_por_Jose_Moreno_Carbonero-1-376x225.jpg 376w, https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Desembarco_de_Alhucemas_por_Jose_Moreno_Carbonero-1-768x460.jpg 768w, https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Desembarco_de_Alhucemas_por_Jose_Moreno_Carbonero-1-1536x920.jpg 1536w, https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Desembarco_de_Alhucemas_por_Jose_Moreno_Carbonero-1-2048x1227.jpg 2048w\" sizes=\"(max-width: 719px) 100vw, 719px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4829\" class=\"wp-caption-text\">Le d\u00e9barquement de la marine espagnole dans la baie d&#8217;Al-Hoce\u00efma eut lieu le 8 septembre 1925, sous le commandement du g\u00e9n\u00e9ral Miguel Primo de Rivera, et marqua la fin de la guerre hispano-marocaine. Sur le pont du torpilleur n\u00b0 22 ont peut voir les g\u00e9n\u00e9raux Miguel Primo de Rivera (1870-1930) et Jos\u00e9 Sanjurjo Sacanell (1872-1936), avec le Morne neuf en arri\u00e8re-plan. Peinture de Jos\u00e9 Moreno Carbonero. Wikimedia Commons \u2013 Mus\u00e9e du Prado.<\/figcaption><\/figure>\n<h4 style=\"font-weight: 400;\"><strong>Une erreur strat\u00e9gique <\/strong><\/h4>\n<p style=\"font-weight: 400;\">En avril 1925, le chef Abdelkrim el-Khattabi attaqua la zone fran\u00e7aise du Protectorat, provoquant un rapprochement entre la France et l&#8217;Espagne, toujours en conflit mais d\u00e9sormais alli\u00e9es. Lors d&#8217;une conf\u00e9rence \u00e0 Madrid le 21 juillet, il fut convenu de porter un coup d\u00e9cisif au c\u0153ur de la r\u00e9bellion, dans la r\u00e9gion d&#8217;Al-Hoce\u00efma, territoire domin\u00e9 par les Kabyles Beni Urriaguel, auxquels appartenait Abdelkrim el-Khattabi. <\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">La proposition, extr\u00eamement risqu\u00e9e, consistait en un d\u00e9barquement espagnol dans la baie d&#8217;Al-Hoce\u00efma, appuy\u00e9 par une flotte navale et a\u00e9rienne franco-espagnole. Bien que les op\u00e9rations amphibies aient toujours fait partie de l&#8217;histoire navale, dans le contexte de la guerre industrielle et logistique du XXe si\u00e8cle, le souvenir du d\u00e9sastre de Gallipoli en 1915 \u00e9tait encore trop vif. Rappelons que les forces alli\u00e9es avaient tent\u00e9 d&#8217;an\u00e9antir l&#8217;Empire ottoman par un d\u00e9barquement men\u00e9 sans pr\u00e9paration et en sous-estimant l&#8217;ennemi turc, qui se r\u00e9v\u00e9la invincible. Ce fut un v\u00e9ritable massacre pour les Britanniques et les Fran\u00e7ais, avec plus de 200 000 victimes. D\u00e9sormais, le gouvernement espagnol, prudent, ne voulait pas commettre la m\u00eame erreur.    <\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Le contexte \u00e9tait favorable. En Espagne, en 1926, la dictature de Primo de Rivera avait \u00e9t\u00e9 instaur\u00e9e. Il contr\u00f4lait le pays avec le soutien g\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;arm\u00e9e, malgr\u00e9 la r\u00e9sistance des \u00ab africanistes \u00bb, ces militaires aguerris \u00e0 la guerre coloniale. Des armes relativement modernes \u00e9taient disponibles, notamment des chars et des avions, et un travail de renseignement de qualit\u00e9 permit de choisir le th\u00e9\u00e2tre des op\u00e9rations, c&#8217;est-\u00e0-dire le lieu o\u00f9 d\u00e9barquer. La plage initialement choisie s&#8217;\u00e9tait r\u00e9v\u00e9l\u00e9e min\u00e9e. Ce constat incita \u00e0 privil\u00e9gier les plages de la Cebadilla, Ixdain et Quemado, \u00e0 l&#8217;ouest de la baie d&#8217;Al-Hoce\u00efma. La date retenue fut le 8 septembre 1925.    <\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Une petite arm\u00e9e fut rassembl\u00e9e, b\u00e9n\u00e9ficiant d&#8217;un important soutien naval. Pour le d\u00e9barquement, 24 p\u00e9niches classe K, qui avait particip\u00e9 au d\u00e9sastre de Gallipoli, furent achet\u00e9es \u00e0 Gibraltar. De toute \u00e9vidence, l&#8217;\u00e9tat-major espagnol ne croyait pas \u00e0 la malchance qui pouvait planer sur ces embarcations. Chacune pouvait transporter 300 hommes, et certaines \u00e9taient \u00e9quip\u00e9es pour acheminer des chars d&#8217;assaut, une autre nouveaut\u00e9 absolue \u00e0 l&#8217;\u00e9poque, car jamais auparavant on n&#8217;en avait d\u00e9barqu\u00e9 sur une plage depuis la mer. Les Rifains disposaient de mat\u00e9riel d&#8217;origine europ\u00e9enne (artillerie de campagne, mitrailleuses, mines enfouies sur les plages, etc.), mais le point de d\u00e9part leur \u00e9tait d\u00e9favorable. Les tirs d&#8217;artillerie de l&#8217;escadre espagnole (cuirass\u00e9s <em>Alfonso XIII<\/em>, <em>Jaime I,<\/em> etc.) et les attaques a\u00e9riennes pr\u00e9par\u00e8rent le terrain. On assista pour la premi\u00e8re fois \u00e0 ce qui allait devenir une op\u00e9ration combin\u00e9e assez fr\u00e9quente durant la Seconde Guerre mondiale. Al-Hoce\u00efma est le premier d\u00e9barquement a\u00e9ronaval de l&#8217;histoire mondiale.     <\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">La premi\u00e8re vague achemina environ 9 000 hommes et un important mat\u00e9riel logistique sur la terre ferme. \u00c0 la tomb\u00e9e de la nuit, 13 000 hommes avaient d\u00e9j\u00e0 d\u00e9barqu\u00e9 et la plage \u00e9tait s\u00e9curis\u00e9e. Il est important de souligner que cette op\u00e9ration \u00e9tait novatrice \u00e0 bien des \u00e9gards ; par exemple, la tentative de d\u00e9barquement de onze chars Renault FT 1917 (qui \u00e9choua lorsque les p\u00e9niches s\u2019\u00e9chou\u00e8rent), l\u2019appui a\u00e9rien direct lors d\u2019un d\u00e9barquement (avec des actions tactiques contre des cibles sp\u00e9cifiques) ou encore le soutien de navires marchands comme transport de guerre. \u00c0 cet \u00e9gard, la participation des navires de la compagnie Trasmediterr\u00e1nea, fond\u00e9e quelques ann\u00e9es auparavant, en 1917, est remarquable. Jusqu\u2019\u00e0 36 navires de cette compagnie particip\u00e8rent au transport des troupes, dont trois pouvant servir de navires-h\u00f4pitaux, r\u00e9partis en six flottilles. Plus spectaculaire encore fut la participation d\u2019un nouveau type de navire, le porte-avions <em>D\u00e9dalo<\/em>, alors fleuron de l\u2019industrie a\u00e9ronautique et maritime catalane. Dans notre imaginaire, nous avons les grands porte-avions de la Seconde Guerre mondiale, mais d&#8217;une certaine mani\u00e8re, le <em>D\u00e9dalo<\/em> fait partie de la protohistoire de l&#8217;a\u00e9ronautique navale, et son r\u00f4le \u00e0 Al-Hoce\u00efma fut tr\u00e8s important.      <\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">\u00c0 Al-Hoce\u00efma, le commandant en chef \u00e9tait le g\u00e9n\u00e9ral Miguel Primo de Rivera, et le chef d&#8217;\u00c9tat-major des forces de d\u00e9barquement sur les plages de la baie d&#8217;Al-Hoce\u00efma, le g\u00e9n\u00e9ral Jos\u00e9 Sanjurjo. Parmi les officiers participant \u00e0 l&#8217;op\u00e9ration figurait \u00e9galement le colonel Francisco Franco, qui, pour ses performances \u00e0 la t\u00eate des troupes de la L\u00e9gion, fut promu g\u00e9n\u00e9ral de brigade. <\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">L&#8217;op\u00e9ration fut un succ\u00e8s total, \u00e0 tous \u00e9gards. Le co\u00fbt humain et mat\u00e9riel fut de 361 morts et 1 975 bless\u00e9s du c\u00f4t\u00e9 espagnol (Europ\u00e9ens et troupes indig\u00e8nes). Mais le r\u00e9sultat fut que, au printemps 1926, Abdelkrim el-Khattabi fut vaincu et la zone espagnole du Protectorat occup\u00e9e et enti\u00e8rement pacifi\u00e9e. Avec le Maroc fran\u00e7ais \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, cette partie du Maghreb \u00e9tait enti\u00e8rement sous contr\u00f4le europ\u00e9en. Pour les jeunes Espagnols en \u00e2ge de combattre, la terreur du service en Afrique et d&#8217;une mort quasi certaine avait disparu.    <\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">En r\u00e9sum\u00e9, bien que l&#8217;imagerie des guerres africaines soit principalement terrestre, nous avons constat\u00e9 combien la dimension maritime fut d\u00e9terminante pour la victoire. En reconnaissance de cet \u00e9v\u00e9nement, le 19 octobre 1925, un banquet fut organis\u00e9 \u00e0 l&#8217;h\u00f4tel Col\u00f3n de Barcelone, o\u00f9 furent honor\u00e9s les officiers du <em>D\u00e9dalo<\/em> et les capitaines des navires de la Trasmediterr\u00e1nea. <\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Il y a un si\u00e8cle, l&#8217;importance du d\u00e9barquement d&#8217;Al-Hoce\u00efma n&#8217;\u00e9tait peut-\u00eatre pas pleinement per\u00e7ue, malgr\u00e9 le fait qu&#8217;il s&#8217;agissait de la premi\u00e8re victoire des forces arm\u00e9es espagnoles depuis des d\u00e9cennies. Ce n&#8217;est que dix-neuf ans plus tard qu&#8217;eut lieu le plus grand d\u00e9barquement de l&#8217;histoire, sur les c\u00f4tes normandes, qui allait mettre en pratique nombre d&#8217;enseignements tir\u00e9s d&#8217;Al-Hoce\u00efma et d&#8217;autres op\u00e9rations ant\u00e9rieures au Jour J. <\/p>\nngg_shortcode_0_placeholder\n<figure id=\"attachment_3655\" aria-describedby=\"caption-attachment-3655\" style=\"width: 709px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" class=\" wp-image-3653\" src=\"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/29096F-1443x1080.jpg\" alt=\"Bateaux \u00e0 vapeur A. L\u00e1zaro, Roger de Flor et Romeu de la compagnie Trasm\u00e9diterran\u00e9a. \u00c0 droite de l'image, le porte-avions D\u00e9dalo. 1926. Collection : MMB. Argo Revue n\u00b0. 15. Mus\u00e9e Maritime de Barcelone.\" width=\"719\" height=\"538\" srcset=\"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/29096F-1443x1080.jpg 1443w, https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/29096F-301x225.jpg 301w, https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/29096F-768x575.jpg 768w, https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/29096F-1536x1150.jpg 1536w, https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/29096F-2048x1533.jpg 2048w\" sizes=\"(max-width: 719px) 100vw, 719px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3655\" class=\"wp-caption-text\">Bateaux \u00e0 vapeur <em>A. L\u00e1zaro<\/em>, <em>Roger de Flor<\/em> et <em>Romeu<\/em> de la compagnie Trasm\u00e9diterran\u00e9a. \u00c0 droite de l&#8217;image, le porte-avions <em>D\u00e9dalo<\/em>.   1926. Photo : Fonds MMB.<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La premi\u00e8re op\u00e9ration amphibie a\u00e9ronavale de l&#8217;histoire<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3659,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[118],"tags":[157],"class_list":["post-5590","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cap-vers-le-passe","tag-argo15-fr"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5590","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5590"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5590\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6874,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5590\/revisions\/6874"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3659"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5590"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5590"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5590"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}