{"id":7002,"date":"2026-04-30T09:53:00","date_gmt":"2026-04-30T09:53:00","guid":{"rendered":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/?p=7002"},"modified":"2026-04-30T10:32:57","modified_gmt":"2026-04-30T10:32:57","slug":"argos-le-drac-aristocrate-de-la-voile","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/argos-le-drac-aristocrate-de-la-voile\/","title":{"rendered":"Le Drac, un aristocrate de la voile"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_7021\" aria-describedby=\"caption-attachment-7021\" style=\"width: 1190px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"size-large wp-image-7019\" src=\"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Drac-%C2%A9-M.Granollers-1-1424x1080.jpg\" alt=\"Le Drac, participant \u00e0 la r\u00e9gate du RCMB. Argo 16. Mus\u00e9e maritime de Barcelone. Photo : M. Granollers.\" width=\"1200\" height=\"910\"><figcaption id=\"caption-attachment-7021\" class=\"wp-caption-text\">Le <em>Drac<\/em> participant \u00e0 la r\u00e9gate du RCMB. Photo : M. Granollers.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Ils auront bient\u00f4t cent ans, mais les <em>dragons<\/em> sont toujours aussi juv\u00e9niles et \u00e9nergiques qu&#8217;au premier jour, malgr\u00e9 leur allure l\u00e9g\u00e8rement aristocratique. Ils n&#8217;ont peut-\u00eatre plus le prestige des olympiens, mais cela les rend sans doute encore plus attachants. Leur sant\u00e9 est toujours \u00e0 toute \u00e9preuve.<\/p>\n<p>En 1928, le Royal Gothenburg Yacht Club recherchait un voilier abordable pour les jeunes. En cette p\u00e9riode de crise \u00e9conomique, la plupart des mod\u00e8les \u00e9taient trop on\u00e9reux. C&#8217;est pourquoi il lan\u00e7a un concours pour concevoir un croiseur \u00e0 quille \u00ab&nbsp;relativement rapide, esth\u00e9tiquement plaisant et marin&nbsp;\u00bb, avec une surface de voilure standard de 20 m\u00e8tres carr\u00e9s. Un an plus tard, le <em>dragon<\/em> cr\u00e9\u00e9 par le Norv\u00e9gien Johan Anker voyait le jour.<\/p>\n<p>Sa conception rappelle celle d&#8217;un FI de 6 m\u00e8tres (par exemple, il est relativement \u00e9troit, avec de grandes saillies \u00e0 l&#8217;avant et \u00e0 l&#8217;arri\u00e8re, et le gouvernail fix\u00e9 \u00e0 la quille), mais il \u00e9tait plus simple et moins cher, permettait la croisi\u00e8re (il disposait d&#8217;une petite cabine avec deux couchettes, ce qui lui permettait de faire des voyages le long de la c\u00f4te) et a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u avec la volont\u00e9 d&#8217;\u00eatre un monotype, afin que chacun puisse concourir \u00e0 armes \u00e9gales.<br \/>\nBien qu&#8217;il ait \u00e9t\u00e9 con\u00e7u comme un croiseur, il connut un grand succ\u00e8s en r\u00e9gates. Au d\u00e9but, il s&#8217;agissait de r\u00e9gates de clubs \u2014 il fut adopt\u00e9 par le Royal Gothenburg Yacht Club, le Royal Danish Yacht Club et le Royal Norwegian Yacht Club \u2014, mais des comp\u00e9titions r\u00e9gionales commenc\u00e8rent rapidement, notamment dans les pays scandinaves et baltes, o\u00f9 il fut con\u00e7u.<\/p>\n<p>Pour naviguer par vent faible, le bateau manquait de surface de voile ; le foc a donc \u00e9t\u00e9 transform\u00e9 en g\u00e9nois et, afin de conserver le centre de la voile au m\u00eame endroit, le m\u00e2t a \u00e9t\u00e9 recul\u00e9 de 40 centim\u00e8tres. Parall\u00e8lement, les traverses ont \u00e9t\u00e9 raccourcies pour permettre une bonne prise du g\u00e9nois, et un palan a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9 en t\u00eate de m\u00e2t, permettant de contr\u00f4ler sa courbure et d\u2019am\u00e9liorer les performances de la grand-voile.<\/p>\n<p><strong>Un Borrensen de 1966<\/strong><\/p>\n<p>En 2003, les fr\u00e8res Josep Maria et Enric Montal Costa ont offert au Mus\u00e9e maritime de Barcelone un <em>dragon<\/em> qu&#8217;ils poss\u00e9daient dans le port d&#8217;Arenys. Certes, ce voilier \u00e9tait en mauvais \u00e9tat et n\u00e9cessitait une restauration compl\u00e8te \u2013&nbsp;son \u00e9tat s&#8217;est de fait av\u00e9r\u00e9 bien pire qu&#8217;il n&#8217;y paraissait&nbsp;\u2013, mais c&#8217;\u00e9tait une belle occasion d&#8217;acqu\u00e9rir un bateau classique et de le remettre \u00e0 l&#8217;eau.<\/p>\n<p>Le Drac est un <em>dragon<\/em> en bois construit en 1966 dans les chantiers navals de Borrensen au Danemark, \u00e0 l&#8217;\u00e9poque o\u00f9 Borrensen \u00e9tait le constructeur de dragons le plus prestigieux ; la fibre de verre dans la coque et le m\u00e2t en aluminium n&#8217;ont \u00e9t\u00e9 introduits dans cette classe qu&#8217;au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970.<\/p>\n<p>Le <em>Drac<\/em> a \u00e9t\u00e9 import\u00e9 en 1966 par la F\u00e9d\u00e9ration espagnole de voile, puis a appartenu \u00e0 diff\u00e9rents particuliers, jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;en 2003 il passe aux mains du Mus\u00e9e maritime de Barcelone, qui l&#8217;a enti\u00e8rement restaur\u00e9 en 2005 : changement de la quille, remplacement d&#8217;une vingtaine de membrures, remplacement du safran et de l&#8217;\u00e9trave, reconstruction totale du tableau arri\u00e8re, du pont et de la cabine, construction de deux cloisons pour renforcer la coque et traitement g\u00e9n\u00e9ral de la peinture et du vernis.<\/p>\n<p>En 2008, le <em>Drac<\/em> a repris la mer et, depuis, a particip\u00e9 \u00e0 diff\u00e9rentes r\u00e9gates et navigu\u00e9 dans les eaux de Barcelone. D\u00e8s le d\u00e9part, l&#8217;objectif du MMB \u00e9tait de remettre le <em>Drac<\/em> en service.<\/p>\n<p>Il est amarr\u00e9 aux quais du Reial Club Mar\u00edtim de Barcelona et va maintenant entrer \u00e0 nouveau dans le chantier naval pour une r\u00e9vision compl\u00e8te : essentiellement la v\u00e9rification de la virure de b\u00e2bord, la r\u00e9paration d&#8217;une b\u00f4me cass\u00e9e et la reconstruction du pont, en plus de quelques couches de peinture et de vernis.<\/p>\n<p><strong>Une flotte autour du <em>Fortuna<\/em><\/strong><\/p>\n<p>La F\u00e9d\u00e9ration espagnole de voile a import\u00e9 ce <em>dragon<\/em>, portant le num\u00e9ro de voile E-27, pour renforcer la flotte qui se formait \u00e0 Barcelone, o\u00f9 le prince d&#8217;Espagne souhaitait concourir, dans l&#8217;intention de participer aux Jeux olympiques.<\/p>\n<p>Ainsi, les <em>dragons<\/em> connurent un \u00e2ge d&#8217;or en Espagne, notamment autour de Barcelone, o\u00f9 une flotte de cette classe fut constitu\u00e9e, tant au Reial Club N\u00e0utic de Barcelona (RCNB) qu&#8217;au Reial Club Mar\u00edtim de Barcelona (RCMB). Le <em>dragon<\/em> acquis par la F\u00e9d\u00e9ration espagnole de voile appartenait \u00e0 cette flotte.<\/p>\n<p>Juan Carlos Ier d&#8217;Espagne poss\u00e9dait le <em>dragon<\/em> Fortuna, \u00e9galement construit par Borrensen, qui lui avait \u00e9t\u00e9 offert par la famille royale grecque \u00e0 l&#8217;occasion de son mariage avec Sophie de Gr\u00e8ce. Le Fortuna est actuellement expos\u00e9 au mus\u00e9e du sport de Montju\u00efc. Le p\u00e8re de Juan Carlos Ier, le comte de Barcelone Juan de Borb\u00f3n, poss\u00e9dait lui aussi un <em>dragon<\/em> (l&#8217;<em>Hispania VII<\/em> ), construit aux chantiers navals Abascal de Santander en 1961, avec lequel il naviguait \u00e0 Cascais (Portugal). Santander est d&#8217;ailleurs le premier chantier naval espagnol \u00e0 avoir construit des dragons, d\u00e8s 1959. Quelques ann\u00e9es plus tard, Pau Ferrer en construisit deux \u00e0 Majorque et trois aux chantiers navals Lagos de Vigo.<\/p>\n<p>\u00c0 cette \u00e9poque, il y avait un <em>Drac<\/em> : lors de la premi\u00e8re r\u00e9gate de <em>dragons<\/em> en Espagne, du 2 au 6 septembre 1959, un <em>Drac<\/em> construit \u00e0 Santander la m\u00eame ann\u00e9e participa, men\u00e9 par les fr\u00e8res Santiago et Jos\u00e9 Pi et Joan Mirangels, du Mar\u00edtim de Barcelona. Ce <em>Drac<\/em>, avec le m\u00eame \u00e9quipage, remporta le premier championnat d&#8217;Espagne de la classe, organis\u00e9 par le RCMB en 1960.<\/p>\n<p>Le <em>dragon<\/em> \u00e9tait tr\u00e8s populaire au sein de la famille royale grecque. \u00c0 tel point que le prince Constantin remporta la m\u00e9daille d&#8217;or aux Jeux olympiques de Rome (1960) et que sa s\u0153ur Sophie participa activement \u00e0 l&#8217;entra\u00eenement, au point de faire partie de l&#8217;\u00e9quipe de r\u00e9serve lors de cette comp\u00e9tition.<\/p>\n<p>De fait, Sophie de Gr\u00e8ce naviguait si bien qu&#8217;elle remporta m\u00eame des r\u00e9gates \u00e0 Barcelone. Ses concurrents se souviennent encore de ses performances exceptionnelles, notamment par petit temps, \u00e0 tel point qu&#8217;une rumeur circulait sur les quais : on lui aurait conseill\u00e9 d&#8217;arr\u00eater la voile pour ne pas nuire aux r\u00e9sultats de son mari.<\/p>\n<figure id=\"attachment_7424\" aria-describedby=\"caption-attachment-7424\" style=\"width: 1190px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" class=\"size-large wp-image-7024\" src=\"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/48280D-1613x1080.jpg\" alt=\"Apr\u00e8s sa restauration, le Drac est pr\u00eat \u00e0 \u00eatre transf\u00e9r\u00e9 du MMB au RCMB pour \u00eatre mis \u00e0 l'eau en 2008. Argo 16. Mus\u00e9e maritime de Barcelone. Photo : MMB.\" width=\"1200\" height=\"803\" srcset=\"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/48280D-1613x1080.jpg 1613w, https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/48280D-336x225.jpg 336w, https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/48280D-768x514.jpg 768w, https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/48280D-1536x1028.jpg 1536w, https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/48280D-2048x1371.jpg 2048w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-7424\" class=\"wp-caption-text\">Apr\u00e8s sa restauration, le <em>Drac<\/em> pr\u00eat \u00e0 \u00eatre transf\u00e9r\u00e9 du MMB au RCMB pour \u00eatre mis \u00e0 l&#8217;eau en 2008. Photo : MMB.<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_7027\" aria-describedby=\"caption-attachment-7027\" style=\"width: 1190px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" class=\"size-large wp-image-7027\" src=\"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/48811D-1443x1080.jpg\" alt=\"La restauration du Drac a n\u00e9cessit\u00e9 la reconstruction compl\u00e8te de la quille. Argo 16. Mus\u00e9e maritime de Barcelone. Photo : MMB.\" width=\"1200\" height=\"898\" srcset=\"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/48811D-1443x1080.jpg 1443w, https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/48811D-301x225.jpg 301w, https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/48811D-768x575.jpg 768w, https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/48811D-1536x1149.jpg 1536w, https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/48811D-2048x1532.jpg 2048w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-7027\" class=\"wp-caption-text\">La restauration du <em>Drac<\/em> a n\u00e9cessit\u00e9 la reconstruction compl\u00e8te de la quille. Photo : MMB.<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\nngg_shortcode_0_placeholder\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce dragon du MMB a 60 ans. <\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":7021,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[114],"tags":[191],"class_list":["post-7002","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-argos-fr","tag-191"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7002","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7002"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7002\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7849,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7002\/revisions\/7849"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7021"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7002"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7002"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7002"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}