{"id":7120,"date":"2026-04-30T09:53:03","date_gmt":"2026-04-30T09:53:03","guid":{"rendered":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/?p=7120"},"modified":"2026-04-30T10:32:53","modified_gmt":"2026-04-30T10:32:53","slug":"gens-de-la-mer-carmen-perez-guerri","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/gens-de-la-mer-carmen-perez-guerri\/","title":{"rendered":"Carmen Perez Guerri"},"content":{"rendered":"<p>On sait peu de choses sur Carmen P\u00e9rez G\u00fcerri, mais suffisamment pour savoir qu&#8217;elle m\u00e9rite les lignes qui suivent. Son nom, inconnu du grand public, fait pourtant partie de l&#8217;histoire sportive catalane. Championne d&#8217;Espagne de motonautisme, discipline consistant en des courses de bateaux \u00e0 moteur, quelques articles de presse et de rares passionn\u00e9s de son sport sont tout ce qui reste d&#8217;elle.<\/p>\n<h4><strong>Les d\u00e9buts de Carmen P\u00e9rez G\u00fcerri dans le monde du motonautisme<\/strong><\/h4>\n<p>Miquel Mallafr\u00e9, pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration catalane de motonautisme depuis 2009 et auteur du livre <a href=\"https:\/\/mmb.koha.es\/cgi-bin\/koha\/opac-detail.pl?biblionumber=21593\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><em>Federaci\u00f3 Catalana de Moton\u00e0utica: 1968-2018. Hist\u00f2ria de la Federaci\u00f3, <\/em><\/a>a eu l\u2019occasion de s\u2019entretenir avec elle lorsqu\u2019il effectuait des recherches pour le livre susmentionn\u00e9, au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, dans la maison de retraite o\u00f9 elle vivait.<\/p>\n<p>Mallafr\u00e9 apprit que P\u00e9rez G\u00fcerri s&#8217;\u00e9tait initi\u00e9e au motonautisme gr\u00e2ce \u00e0 son fr\u00e8re, Eduardo P\u00e9rez, qui pratiquait \u00e9galement cette discipline. Son mari, Tom\u00e1s Hidalgo Torroella, s&#8217;adonnait lui aussi au motonautisme : le couple participait parfois \u00e0 des comp\u00e9titions ensemble. Tous trois \u00e9taient membres du Club N\u00e0utic de Vilanova i la Geltr\u00fa.<\/p>\n<p>On ne sait gu\u00e8re plus de d\u00e9tails sur leur vie priv\u00e9e : mari\u00e9s et sans enfants, ils tenaient une pharmacie sur les Ramblas \u00e0 Barcelone. Leur situation financi\u00e8re \u00e9tait confortable, m\u00eame si ce n\u2019\u00e9tait pas gr\u00e2ce \u00e0 leurs titres sportifs. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, les championnats de motonautisme n\u2019offraient aucune r\u00e9compense financi\u00e8re, mais il fallait disposer de moyens importants pour suivre le rythme des comp\u00e9titions : le bateau, les \u00e9ventuelles pannes et les d\u00e9placements sur les lieux des comp\u00e9titions exigeaient une certaine solvabilit\u00e9.<\/p>\n<h4><strong>Le motonautisme en Catalogne<\/strong><\/h4>\n<p>Comme l&#8217;explique Xavier Sol\u00e0 Barcel\u00f3 dans son article \u00ab<a href=\"https:\/\/raco.cat\/index.php\/Drassana\/article\/view\/252911\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"> La ind\u00fastria moton\u00e0utica a Barcelona als anys seixanta<\/a> \u00bb, paru dans la revue <em>Drassana<\/em>, la pratique du motonautisme de loisir en Catalogne a d\u00e9but\u00e9 au d\u00e9but des ann\u00e9es 1900. En effet, la premi\u00e8re trace d&#8217;une course de bateaux \u00e0 moteur remonte \u00e0 1904 dans le port de Barcelone, bien que la plupart des clubs nautiques catalans n&#8217;aient \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s que dans les ann\u00e9es 1910-1920, pr\u00e9cise-t-il.<\/p>\n<p>C\u2019est leur apparition qui donna naissance \u00e0 la pratique du motonautisme, qui servait de divertissement aux membres du club. \u00c0 cette \u00e9poque, voiliers et bateaux \u00e0 moteur participaient aux r\u00e9gates, mais sans aucune r\u00e9glementation f\u00e9d\u00e9rale, la F\u00e9d\u00e9ration espagnole de motonautisme n\u2019apparaissant qu\u2019en 1965, suivie de la F\u00e9d\u00e9ration catalane de motonautisme en 1968. Sol\u00e0 explique ensuite qu\u2019\u00e0 partir des ann\u00e9es 1920, ce sport se professionnalisa et se r\u00e9glementa, et c\u2019est alors que certains pilotes catalans quitt\u00e8rent la Catalogne, et m\u00eame l\u2019Espagne, pour participer \u00e0 des championnats internationaux.<\/p>\n<p>Dans la seconde moiti\u00e9 des ann\u00e9es 1950, les r\u00e9gates se multipli\u00e8rent et les clubs nautiques locaux commenc\u00e8rent \u00e0 former leurs propres \u00e9quipes. Au cours de la d\u00e9cennie suivante, dans les ann\u00e9es 1960, les courses furent mieux organis\u00e9es, les coques utilis\u00e9es furent con\u00e7ues exclusivement pour la comp\u00e9tition et diff\u00e9rentes cat\u00e9gories furent d\u00e9finies, variant selon la cylindr\u00e9e du moteur et le type de coque. Selon Sol\u00e0, ce furent les ann\u00e9es d&#8217;or du motonautisme en Catalogne.<\/p>\n<p>Bien que ce soit \u00e0 cette \u00e9poque que les comp\u00e9titions de bateaux \u00e0 moteur, telles que nous les connaissons aujourd&#8217;hui, aient commenc\u00e9 \u00e0 se structurer, certaines diff\u00e9rences distinguent le pass\u00e9 de la situation actuelle : aujourd&#8217;hui, la pratique du bateau \u00e0 moteur est plus diversifi\u00e9e \u2013 outre les comp\u00e9titions de bateaux \u00e0 moteur, il existe \u00e9galement des courses de jet-ski \u2013, les mesures de s\u00e9curit\u00e9 sont renforc\u00e9es et les bateaux peuvent atteindre des vitesses plus \u00e9lev\u00e9es. Si le bateau \u00e0 moteur b\u00e9n\u00e9ficiait d&#8217;une plus grande visibilit\u00e9 \u00e0 cette \u00e9poque, c&#8217;est aussi parce que les comp\u00e9titions se d\u00e9roulaient dans les ports et \u00e9taient donc plus accessibles au public. Miquel Mallafr\u00e9 expliquait dans un article du magazine Espais intitul\u00e9 \u00ab Els ports i la moton\u00e0utica de competici\u00f3 \u00bb (Les ports et les comp\u00e9titions de bateaux \u00e0 moteur) qu&#8217;en Catalogne, l&#8217;absence de grands lacs et rivi\u00e8res navigables \u2013 contrairement aux pays voisins \u2013 fait que la plupart des comp\u00e9titions de bateaux \u00e0 moteur se d\u00e9roulent dans et autour des ports. Par cons\u00e9quent, ajoute Mallafr\u00e9, les ports offrent une visibilit\u00e9 accrue, un atout suppl\u00e9mentaire pour les courses de bateaux \u00e0 moteur, car les quais deviennent un point de vue privil\u00e9gi\u00e9 pour observer les comp\u00e9titions.<\/p>\n<h4><strong>Ses exploits<\/strong><\/h4>\n<p>Dans cette chronologie, les exploits de Carmen P\u00e9rez en comp\u00e9tition de motonautisme se situent au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970. Des articles de presse de l&#8217;\u00e9poque montrent que le nom de cette native de Barcelone, ainsi que ceux de son mari et de son fr\u00e8re, figuraient rarement en dehors du podium.<\/p>\n<p>En 1970, P\u00e9rez a termin\u00e9 deuxi\u00e8me du Championnat d&#8217;Espagne de motonautisme, qui s&#8217;est d\u00e9roul\u00e9 avec des courses \u00e0 Malaga, La Manga del Mar Menor et Sant Carles de la R\u00e0pita.<br \/>\nLa m\u00eame ann\u00e9e, l&#8217;athl\u00e8te confirma son talent en se classant septi\u00e8me de la XXIIe r\u00e9gate internationale Centomiglia sur le lac de C\u00f4me, en Italie. Le 11 octobre de cette ann\u00e9e-l\u00e0<em>, La Vanguardia<\/em> consacra un article \u00e0 la comp\u00e9tition et aux repr\u00e9sentants catalans. Sous le titre \u00ab Positivas actuaciones espa\u00f1olas en las competiciones internacionales del Lago de Como \u00bb, le journal mentionne notre protagoniste : \u00ab Madame de Hidalgo [nom d&#8217;\u00e9pouse de Carmen P\u00e9rez], A. Platero, J. Malberti, J. Diamant, J.A. Orbea et M. Rosell\u00f3 ont obtenu d&#8217;excellents r\u00e9sultats \u00bb. L&#8217;image qui accompagne ce bref article est un portrait de Carmen P\u00e9rez, avec une l\u00e9gende qui le confirme : \u00ab Un virage spectaculaire o\u00f9 appara\u00eet le hors-bord pilot\u00e9 par Madame Carmen P. de Hidalgo, du Club N\u00e0utic de Vilanova \u00bb.<\/p>\n<p>Le m\u00e9dia souligne \u00e9galement que, parmi les dix-sept participants repr\u00e9sentant l&#8217;Espagne, seules trois \u00e9taient des femmes, concourant dans la cat\u00e9gorie hors-bord. <em>La Vanguardia<\/em> met en avant la bonne performance de P\u00e9rez, non sans une pointe de condescendance : \u00ab La d\u00e9l\u00e9gation espagnole qui s&#8217;est rendue en Italie a confirm\u00e9 que notre motonautisme poss\u00e8de des qualit\u00e9s ind\u00e9niables, notamment gr\u00e2ce \u00e0 une femme, Mme de Hidalgo, dont les performances n&#8217;ont en rien \u00e9clips\u00e9 celles de ses compatriotes et de nombreux concurrents \u00e9trangers qualifi\u00e9s. \u00bb Le journaliste Antonio Moragues a \u00e9galement r\u00e9dig\u00e9 un compte rendu de la comp\u00e9tition dans le quotidien <em>Mundo Deportivo<\/em>, o\u00f9 il souligne \u00ab la performance remarquable de Carmen P\u00e9rez de Hidalgo \u2013 seule une autre femme a particip\u00e9 \u00e0 la course \u2013 qui a termin\u00e9 \u00e0 une tr\u00e8s honorable septi\u00e8me place \u00bb.<\/p>\n<p>L&#8217;ann\u00e9e suivante, en 1971, Carmen P\u00e9rez remporta le championnat d&#8217;Espagne en cat\u00e9gorie ET, s&#8217;imposant sur les circuits de Ceuta et de La Corogne. Le journal NO-DO, organe du r\u00e9gime franquiste, diffusa d&#8217;ailleurs le 16 ao\u00fbt 1971 la comp\u00e9tition nationale de bateaux \u00e0 moteur de La Corogne, en pr\u00e9sence de Francisco Franco lui-m\u00eame. Comme pour les championnats pr\u00e9c\u00e9dents, <em>La Vanguardia<\/em> consacra \u00e9galement un article \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement, mettant en avant le nom de Carmen P\u00e9rez comme la grande gagnante de cette \u00e9dition.<\/p>\n<p>Un an plus tard, en 1972, Carmen P\u00e9rez monta de nouveau sur le podium, cette fois avec son mari, Tom\u00e1s Hidalgo. Ensemble, ils remport\u00e8rent le Championnat d&#8217;Espagne de r\u00e9gates au large, auquel ils particip\u00e8rent \u00e0 Vilanova, Palam\u00f3s, Majorque et Tenerife. Enfin, la m\u00eame ann\u00e9e, du 15 au 17 septembre, se d\u00e9roulait le Championnat d&#8217;Espagne de r\u00e9gates en solitaire sur le lac de San Juan \u00e0 Madrid. Bien que Carmen P\u00e9rez ait termin\u00e9 premi\u00e8re de la cat\u00e9gorie ET, le titre ne lui fut pas attribu\u00e9 faute de participants.<\/p>\n<h4><strong>Un h\u00e9ritage tomb\u00e9 dans l&#8217;oubli<\/strong><\/h4>\n<p>De prime abord, le nom de Carmen P\u00e9rez G\u00fcerri semblait vou\u00e9 \u00e0 l&#8217;oubli : une femme dans un sport essentiellement masculin, pratiquant une discipline peu reconnue, et ce il y a plus de cinquante ans. Autant dire que tous les \u00e9l\u00e9ments semblaient r\u00e9unis pour l&#8217;effacer de la m\u00e9moire collective. Comme je l&#8217;ai dit en introduction, nous savons peu de choses sur cette athl\u00e8te, mais suffisamment pour qu&#8217;elle figure dans ces pages.<\/p>\nngg_shortcode_0_placeholder\n<figure id=\"attachment_7125\" aria-describedby=\"caption-attachment-7125\" style=\"width: 1190px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"size-large wp-image-7122\" src=\"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/CarmenPerezGuerri-scaled-e1774352091207.jpg\" alt=\"Illustration de Carmen P\u00e9rez G\u00fcerri. Auteure : Alicia Caboblanco. ARGO 16. 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