{"id":7222,"date":"2026-04-30T09:53:03","date_gmt":"2026-04-30T09:53:03","guid":{"rendered":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/?p=7222"},"modified":"2026-04-30T10:32:54","modified_gmt":"2026-04-30T10:32:54","slug":"argo16-tresors-des-musees-chaise-de-transport-de-malades","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/argo16-tresors-des-musees-chaise-de-transport-de-malades\/","title":{"rendered":"Chaise de transport des malades"},"content":{"rendered":"<p>Les chaises \u00e0 porteurs \u00e9taient un moyen de transport urbain tr\u00e8s r\u00e9pandu \u00e0 l&#8217;\u00e9poque moderne, notamment pour les courts trajets en ville ou m\u00eame \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur des grands domaines. Ces chaises, g\u00e9n\u00e9ralement con\u00e7ues pour une seule personne \u2013 bien que, exceptionnellement, elles puissent en accueillir deux \u2013 devinrent un symbole de prestige et de rang social. L&#8217;usage de ce moyen de transport \u00e9tait pr\u00e9dominant parmi les classes ais\u00e9es, et plus particuli\u00e8rement parmi les dames de la haute aristocratie, pour qui ce mode de transport symbolisait le raffinement et le pouvoir d&#8217;achat.  <\/p>\n<p>La grande richesse constructive et ornementale dont faisaient souvent preuve les chaises contribua \u00e0 renforcer cette id\u00e9e. Certaines furent d\u00e9cor\u00e9es par des artistes de renom, comme le peintre madril\u00e8ne Luis Paret y Alc\u00e1zar, auteur d&#8217;une chaise orn\u00e9e de sc\u00e8nes mythologiques \u00e0 th\u00e8mes amoureux. Cependant, au-del\u00e0 de leur valeur en tant qu&#8217;objets de luxe, les chaises \u00e9taient \u00e9galement \u00e9troitement li\u00e9es au m\u00e9tier artisanal des portefaix ou porteurs (bastaixos) dans plusieurs villes, notamment \u00e0 Barcelone.  <\/p>\n<h4><strong>La guilde des bastaixos (porteurs)<\/strong><\/h4>\n<p>Cette guilde \u00e9tait charg\u00e9e du transport et du transfert des malades vers les h\u00f4pitaux \u00e0 l&#8217;aide de chaises simples, sans aucun luxe, comme celle conserv\u00e9e au Mus\u00e9e maritime, ce qui relie ce v\u00e9hicule aux pratiques de soins de sant\u00e9 en milieu urbain.<\/p>\n<p>La guilde des porteurs de Barcelone fut officialis\u00e9e par privil\u00e8ge royal de Ferdinand II le Catholique en 1513, sous le patronage de saint Maci\u00e0, ainsi que de sainte Catherine et de sainte Th\u00e8cle. Cependant, son origine en tant que corporation professionnelle remonte au milieu du XIIIe si\u00e8cle. D&#8217;apr\u00e8s les documents conserv\u00e9s, les premi\u00e8res ordinations furent \u00e9tablies en 1418, et l&#8217;on sait qu&#8217;ils jou\u00e8rent un r\u00f4le fondamental dans la construction de la basilique Santa Maria del Mar, \u00e0 partir de 1323, en transportant gratuitement des pierres de la carri\u00e8re de Montju\u00efc jusqu&#8217;au quartier de la Ribera. Ce geste t\u00e9moigna de leur solidarit\u00e9 et de leur engagement envers la ville.   <\/p>\n<p>Dans les chapitres \u00e9tablis par l&#8217;ordonnance de 1513, il \u00e9tait indiqu\u00e9 que les membres de la Guilde \u00e9taient au service des habitants de la ville de Barcelone, qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;institutions publiques ou de particuliers. Leur t\u00e2che consistait \u00e0 aider les citoyens dans le transport de tissus, de marchandises, de biens de toutes sortes et m\u00eame de malades. Il \u00e9tait \u00e9galement stipul\u00e9, entre autres, que les transports pouvaient \u00eatre effectu\u00e9s \u00e0 toute heure du jour ou de la nuit, car, dans le cas des malades, il \u00e9tait expliqu\u00e9 que certains, \u00ab par pudeur, ne souhaitaient pas quitter leur domicile en journ\u00e9e \u00bb.  <\/p>\n<p>Le terme \u00ab bastaixos de cap\u00e7ana \u00bb d\u00e9signe le m\u00e9tier de porteur, c&#8217;est-\u00e0-dire le transport de lourdes charges \u2013 sur le cou, la t\u00eate, les \u00e9paules ou le dos \u2013 avec ou sans barre, coussin ou corde. Un autre terme, devenu synonyme, \u00e9tait celui de \u00ab macips de ribera&nbsp;\u00bb, d\u00e9signant sp\u00e9cifiquement les travailleurs qui transportaient manuellement des marchandises entre la mer ou les rives d&#8217;un fleuve et la ville. Tout au long du XVIIe si\u00e8cle, la Guilde a entretenu des conflits constants avec les charretiers maritimes, qui, \u00e0 partir de 1770, furent int\u00e9gr\u00e9s \u00e0 la Guilde par la cr\u00e9ation de nouvelles sections, tout en d\u00e9finissant les t\u00e2ches propres \u00e0 chacune. Finalement, en 1873, elle prit le nom d&#8217;Uni\u00f3n de Faquines de la Aduana de Barcelona.   <\/p>\n<h4><strong>Le tr\u00e9sor du mus\u00e9e<\/strong><\/h4>\n<p>La chaise du Mus\u00e9e maritime de Barcelone, ainsi qu&#8217;un petit ensemble de meubles et de documents, ont int\u00e9gr\u00e9 les collections du mus\u00e9e gr\u00e2ce au d\u00e9p\u00f4t effectu\u00e9 en 1942 par Jos\u00e9 Penaba, alors chef et repr\u00e9sentant des douanes. Les rares documents conserv\u00e9s indiquent que ces pi\u00e8ces provenaient de l&#8217;ancien \u00ab Gremi de Faquines de Rivera \u00bb du port de Barcelone, c&#8217;est-\u00e0-dire de la Guilde des porteurs.  <\/p>\n<p>Structurellement, l&#8217;objet se pr\u00e9sente comme un coffret \u00e0 section verticale, int\u00e9grant une porte frontale et trois ouvertures faisant office de fen\u00eatres. L&#8217;ext\u00e9rieur est recouvert de cuir fix\u00e9 par des chevilles ou des clous m\u00e9talliques. \u00c0 l&#8217;int\u00e9rieur, une chaise \u00e0 deux petits accoudoirs est int\u00e9gr\u00e9e, rev\u00eatue de taffetas de coton imprim\u00e9 de motifs floraux et de figures d&#8217;inspiration orientale, dans des tons bruns ou chocolat. De chaque c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;ext\u00e9rieur, des fixations carr\u00e9es en fer permettaient d&#8217;ins\u00e9rer des lattes de bois. L&#8217;objet \u00e9tait port\u00e9 par deux personnes, l&#8217;une devant, l&#8217;autre derri\u00e8re. Il pouvait parfois \u00eatre port\u00e9 par des animaux, mais le plus souvent par deux individus.   <\/p>\n<p>L&#8217;aust\u00e9rit\u00e9 du rev\u00eatement ext\u00e9rieur de la chaise de la Guilde constitue une singularit\u00e9 et s&#8217;explique par des raisons pratiques. D&#8217;une part, l&#8217;utilisation du cuir comme mat\u00e9riau de rev\u00eatement le rend plus r\u00e9sistant aux intemp\u00e9ries, aux chocs et aux accidents. D&#8217;autre part, il garantit l&#8217;anonymat des utilisateurs, contrairement aux mod\u00e8les richement d\u00e9cor\u00e9s.  <\/p>\n<figure id=\"attachment_7484\" aria-describedby=\"caption-attachment-7484\" style=\"width: 407px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-7232\" src=\"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Teixit-interior-810x1080.jpg\" alt=\"Tissu int\u00e9rieur de la chaise de transport de malades. Photo : MMB. Argo 16. Mus\u00e9e maritime de Barcelone.\" width=\"417\" height=\"556\" srcset=\"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Teixit-interior-810x1080.jpg 810w, https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Teixit-interior-169x225.jpg 169w, https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Teixit-interior-768x1024.jpg 768w, https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Teixit-interior-1152x1536.jpg 1152w, https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Teixit-interior-1536x2048.jpg 1536w, https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Teixit-interior-scaled.jpg 1920w\" sizes=\"(max-width: 417px) 100vw, 417px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-7484\" class=\"wp-caption-text\">Rev\u00eatement int\u00e9rieur de la chaise de transport de malades. Photo : MMB.<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La m\u00e9moire de la Guilde des bastaixos (porteurs) de Barcelone<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":7229,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[119],"tags":[191],"class_list":["post-7222","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-tresors-dans-les-musees","tag-191"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7222","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7222"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7222\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7769,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7222\/revisions\/7769"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7229"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7222"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7222"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revistaargo.mmb.cat\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7222"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}