Magazine consacré à la culture et au patrimoine maritime de la Méditerranée, publié par le Musée maritime de Barcelone.

Le ski nautique catalan

Tradition, clubs et athlètes

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Depuis ses débuts sur la côte catalane jusqu’à nos jours, le ski nautique a allié tradition familiale, technique et passion. Clubs, athlètes et supporters ont contribué à consolider sa pratique, leurs expériences personnelles témoignant du dynamisme de ce sport en Catalogne.

Histoire du ski nautique et du wakeboard en Catalogne

D’après les sources officielles, le ski nautique serait né aux États-Unis au début du XXe siècle, mais selon la tradition populaire, il serait également originaire des côtes méditerranéennes françaises à la même époque. En Catalogne, ses débuts remontent aux années 1950, en parallèle au développement du tourisme côtier. Les premières démonstrations eurent lieu sur la Costa Brava, où la tranquillité des eaux et la présence de ports de plaisance facilitèrent l’introduction de ce sport.

Au fil du temps, cette pratique s’est consolidée avec la création des premiers clubs et centres spécialisés dans des lacs et rivières aux eaux calmes. Les années 1970 et 1980 ont marqué une période d’expansion, coïncidant avec l’essor de la navigation de plaisance et l’utilisation de bateaux à moteur spécialement conçus pour le ski nautique. La Catalogne était à l’avant-garde avec l’organisation des Championnats du monde de ski nautique à Banyoles en 1971.

Actuellement, le ski nautique reste un sport de niche mais avec un public fidèle, qui mêle compétition professionnelle, loisir et aspect récréatif lié aux loisirs.

Types de disciplines

Ski nautique classique : slalom, figures, sauts et combiné.

  • Slalom : il s’agit de zigzaguer autour de 6 bouées, le bateau passant par le centre et à distance constante, laissant 3 bouées à droite et 3 à gauche. L’objectif est de contourner les 6 bouées à la vitesse maximale autorisée de l’embarcation et avec la distance de corde la plus courte possible.
  • Figures : en deux manches de 20 secondes, on doit réaliser un maximum d’acrobaties sans tomber. Chaque acrobatie rapporte un certain nombre de points, et celui qui obtient le plus de points gagne.
  • Sauts : à l’aide d’une rampe d’environ 6 mètres de long et de près de 2 mètres de haut, le skieur doit effectuer le saut en longueur le plus long possible (le record du monde est de plus de 70 mètres).
  • Combiné : somme pondérée des scores des 3 disciplines précédentes. Seuls les skieurs ayant participé aux 3 modalités précédentes peuvent concourir dans cette discipline ; le combiné est la discipline la plus exigeante et la plus complète.

Histoire du wakesurf en Catalogne

L’histoire de cette discipline en Catalogne remonte aux lacs artificiels catalans, comme celui de la Baells ou de Sau. Après l’ouverture de différents téléskis nautiques, tels que le BCP à Barcelone, et d’autres installations à Cubelles, l’Arboç et Montgat, l’un des meilleurs complexes sportifs de ce type se trouve au Canal olympique de Castelldefels. Il s’agit d’un téléski nautique à cinq poulies, où se déroulent des compétitions internationales. Ici sont nés d’incroyables wakesurfeurs qui, aujourd’hui encore, font la fierté de notre sport.

Wakesurf :

  • Wakesurf et wakeskate : dans les deux disciplines, les skieurs s’accrochent à un trapèze derrière un bateau et réalisent des sauts et des figures acrobatiques en profitant de son sillage. Le but est d’effectuer le plus grand nombre de figures possible, avec la plus belle qualité d’exécution et la plus grande hauteur, sur un circuit donné.
  • Wakesurf et wakeskate sur câble : dans ces disciplines, les skieurs sont également accrochés à un trapèze, mais cette fois à un câble rotatif dans un circuit établi avec des obstacles et ils doivent effectuer des figures à la fois dans l’eau et dans les différents modules.

Dans ces deux disciplines, le port du casque et d’un gilet de sauvetage est obligatoire. Les athlètes sont notés dans les deux disciplines comme dans la discipline précédente et effectuent un tour complet du circuit.

Bateaux de ski nautique

Le bateau est un élément clé dans ces disciplines. Les bateaux spécialisés possèdent une coque conçue pour générer des vagues contrôlées et une puissance suffisante pour maintenir une vitesse constante. Ils intègrent des tours de traction et des systèmes de contrôle de vitesse par GPS. Les bateaux de compétition garantissent l’égalité technique entre les participants.

Une communauté passionnée

Au-delà de la compétition, le wakesurf en Catalogne a créé une communauté soudée. Entraîneurs, familles et athlètes partagent expériences et efforts, renforçant ainsi les liens avec les valeurs de ce sport. Cet esprit collectif a été fondamental pour assurer la pérennité de la pratique au fil des ans.

Clubs et installations en Catalogne

La Catalogne dispose d’un réseau de clubs et de sites adaptés au ski nautique et au wakesurf. Parmi les plus connus, citons :

  • Canal olympique de Catalogne (Barcelone)
  • Club de ski nautique de Ventalló (Gérone)
  • Club de ski nautique 2Llacs – Lleida Ski&Wake (Lérida)
  • Wakepark La Cabanya (Tarragone)
  • DeltingParks (Tarragone)
  • El Rancho Wakepark (Tarragone)

Principaux athlètes catalans

La Catalogne a vu naître des athlètes qui ont marqué de leur empreinte les quatre disciplines du ski nautique classique, tant au niveau national qu’européen et mondial, tels que la famille Mill (Xavi et Pep), les frères Morros (Ivan, David et Andrea), les frères Ballús (Roger et Jordi), la famille Noguera (Àlvar, Lluís et Laura) ou encore les sœurs De Medrano (Júlia, Cristina et Sofia). Tous ont contribué au rayonnement de la Catalogne sur la scène européenne et internationale.

En ce qui concerne les disciplines du wakesurf et du wakeskate, des noms prestigieux tels qu’Enric Dosta, Luis Montana, Kike Cornejo, Israel Planas, Paco Bengerel, Raúl Lopez, Noa Tamaral, Elena Bodi et l’actuelle championne du monde, Telma Cester, ont placé ces deux disciplines sur la scène européenne et mondiale.

Expériences à la première personne

Lluis Noguera. Ski nautique classique

Lluís Noguera participe à des épreuves combinées (slalom, figures et sauts), qui exigent stratégie et un effort physique et mental considérable. Argo 16. Musée maritime de Barcelone. Photo : Fonds Lluís Noguera.
Lluís Noguera participe à des compétitions combinées (slalom, figures et sauts), ce qui exige de la stratégie et beaucoup d’efforts physiques et mentaux. Argos 16. Musée maritime de Barcelone. Photo : Fonds Lluis Noguera.

Ma première expérience de ski nautique a eu lieu dans l’Alt Empordà, au Club Estadi Màgic de Sant Pere Pescador. Je n’avais que 5 ans, mais je me souviens parfaitement de la sensation d’avoir chaussé mes skis pour la première fois : la tension de la corde, le moteur qui accélérait et la force de l’eau. Ce moment d’équilibre initial s’est rapidement transformé en une sensation de liberté, en glissant sur la surface du Fluvià.

Au fil des années, grâce au soutien et à la passion de toute ma famille, et plus particulièrement de mon père et de mon frère Àlvar, j’ai professionnalisé ma passion en m’entraînant et en participant à des compétitions dans le monde entier. Ma spécialité en ski nautique est précisément le combiné. Autrement dit, je ne me contente pas de concourir dans une seule discipline, mais je participe simultanément au slalom, aux figures et aux sauts, afin de réaliser un bon score au total. Cette discipline exige une stratégie particulière ainsi qu’un effort physique et mental soutenu, pour ne pas prendre trop de risques dans une seule discipline et, en même temps, ne pas perdre de vue les résultats des autres concurrents. La pression de ne pouvoir se permettre d’échouer dans aucune des trois disciplines fait de l’humilité d’accepter la défaite la base de l’apprentissage. Mais ce que j’apprécie le plus dans le combiné, c’est la symbiose des émotions propres à chaque discipline : l’accélération et la fluidité du slalom, l’agilité et la puissance des figures, ou encore la peur et l’adrénaline des sauts.

La pratique de ce sport m’a permis de découvrir plus de 40 pays, d’apprendre 4 langues, de me faire des amis aux quatre coins du monde, de monter sur le podium des championnats du monde et d’Europe et, surtout, de développer les valeurs de l’effort et de la persévérance. C’est sans aucun doute cela la magie qui m’a rendu fidèle au ski nautique.

Expériences à la première personne

Telma Cester. Wakeskate sur câble

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Acrobaties de Telma Cester en wakeskate, sa spécialité. Photo : Guillem Casanova, pour Munich Sports.

Mes premiers pas dans les sports nautiques ont eu lieu sur le lac artificiel de Sau avec mes parents, en bateau dès l’âge de 6 ans. Puis, ils ont ouvert les installations OCP au canal olympique de Castelldefels où j’ai commencé le wakesurf et le wakeskate sur câble à l’âge de 7 ans. À 11 ans, après mes premières compétitions nationales, j’ai été sélectionnée pour mes premiers championnats d’Europe en Israël et, après une médaille d’argent dans la catégorie des moins de 18 ans en wakeskate, j’ai été sélectionnée pour les championnats du monde au Mexique, où, à seulement 11 ans, j’ai remporté ma première médaille d’or dans cette catégorie.

À l’âge de 12 ans, je suis partie aux États-Unis pour participer à une compétition professionnelle de wakeskate et j’ai remporté la première place face aux meilleurs skieurs de l’époque. De retour en Espagne, je me suis fracturé le tibia et le péroné lors d’un entraînement. Après six mois de convalescence difficiles, j’ai réussi à participer, certes pas à 100 %, à ma deuxième Coupe du monde en Argentine. Compte tenu de ma condition physique suite à ma blessure, j’ai dû choisir entre les deux disciplines auxquelles je participais.

Actuellement, et après avoir remporté plusieurs médailles aux championnats d’Europe et du monde dans différentes catégories, je peux affirmer sans hésiter que la passion et le plaisir constant, sur l’eau comme en dehors, d’avoir une planche sous mes pieds, me procurent un grand sentiment de liberté.

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